Fév 042015
 

« Le projet de traduction de la langue allemande dans la langue française de l’exposition Gegen den Strom (A contre-courant), présentée au Musée juif de Francfort en 2012, est un projet-citoyen européen. Mais la proposition d’Ernst Knöss via l’association rennaise Vivre en paix ensemble va plus loin.

En contribuant à la publication française de l’exposition, dans leur langue natale à partir de la maîtrise de la langue allemande, les jeunes lycéennes et lycéens, accompagnés par leurs enseignants de langue allemande et d’Histoire-Géographie, nous rappellent que la traduction n’est pas un exercice technique mais culturel et sert de pont entre les uns et les autres.

Il s’agit de reconnaître la solidarité et l’aide envers les Juifs persécutés à Francfort et dans le land de la Hesse pendant la période nazie ; de reconnaître des gestes et des actes de femmes et d’hommes d’Allemagne, au risque de leur vie. Voilà une ouverture : il y a eu des formes de résistance individuelle et collective et des mains tendues alors même que le système totalitaire nazi contrôlait la société allemande.

Plus encore, le projet est l’opportunité pour les jeunes filles et garçons de comprendre que le lien à l’autre est un aspect essentiel et constitutif de notre propre personne, de soi. Au-delà des lignes de force de l’histoire enseignée, ces jeunes qui ont accepté la proposition de la traduction nous emmènent dans des plis mémoriels et nous font prendre conscience que, tout autant que la banalité du mal, la banalité du bien n’est pas à sous-estimer. L’humaine condition est ici mise en perspective à travers des lieux et des temps : notre fragilité est l’essence même de notre respect de l’autre. Nous avons toujours tous besoin, jeunes et moins jeunes, de nous souvenir de cet espoir. Pour nous enseignants, il s’agit sans doute alors d’enseigner à vivre, vivre dans ce que cela peut avoir de mieux. »

Gilles OLLIVIER, Enseignant d’Histoire-Géographie, Lycée Chateaubriand, Rennes

Gilles et notre ami Marc SCHINDLER, également professeur au lycée Chateaubriand, ont mis en valeur les actes de résistance allemande face au nazisme au travers de liste de documents.

En 2012, Gilles Ollivier, avec ses élèves de Première littéraire du lycée Chateaubriand à Rennes, a mené un travail de mémoire remarquable sur le camp d’internement des nomades de Rennes  (1940- 1945).