Nov 252015
 

Albert-Einstein

A la fin des années 1980, Lieserl, la fille du célèbre génie Albert Einstein, a donné 1 400 lettres écrites par Einstein à l’Université hébraïque de Jérusalem, avec ordre de ne pas publier son contenu jusqu’à vingt ans après sa mort. Voici l’une d’entre elles…

« Lorsque j’ai proposé la théorie de la relativité, très peu m’ont compris, et ce que je vais te révéler maintenant à transmettre à l’humanité va provoquer l’incompréhension et heurter les préjugés du monde. »

Je te demande de conserver ces lettres aussi longtemps que nécessaire, d’attendre des années, des dizaines d’années, jusqu’à ce que la société soit suffisamment avancée pour accepter ce que je vais expliquer ci-dessous.

Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle jusqu’à présent, la science n’a pas trouvé une explication officielle. C’est une force qui comprend et régit toutes les autres et est même derrière tout phénomène qui opère dans l’univers et qui n’a pas encore été identifiée par nos soins. Cette force universelle est l’Amour.

Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d’une théorie unifiée de l’univers, ils ont oublié la plus invisible et la plus puissante des forces:

L’Amour est Lumière, qui éclaire ceux qui la donnent et la reçoivent. L’Amour est la gravitation, car elle fait que certaines personnes se sentent attirées vers les autres. L’Amour est «le courant électrique», car il démultiplie ce que nous avons de meilleur et permet que l’humanité ne s’éteigne pas dans son égoïsme aveugle. L’Amour révèle et se révèle. Par l’Amour, nous vivons et mourons. L’Amour est Dieu, et Dieu est Amour.

Cette force explique tout et donne son sens premier à la vie. Il s’agit de la variable que nous avons ignorée pendant trop longtemps, peut-être parce que l’Amour nous fait peur, puisque c’est la seule énergie de l’univers que l’homme n’a pas appris à gérer par sa volonté.

Pour donner une visibilité à l’Amour, j’ai fait une simple substitution dans mon équation célèbre. Si, au lieu de E = mc2 nous acceptons que l’énergie de guérison du monde peut être obtenue à travers l’Amour multiplié par la vitesse de la lumière au carré, nous arrivons à la conclusion que l’Amour est la force la plus puissante qui existe, car il n’a pas de limites.

Après l’échec de l’humanité dans l’utilisation et le contrôle des autres forces de l’univers, qui se sont retournées contre nous, il est urgent que nous nous nourrissions d’un autre type d’énergie. Si nous voulons que notre espèce survive, si nous voulons trouver un sens à la vie, si nous voulons sauver le monde et chaque être sensible qui l’habite, l’Amour est LA et la seule réponse.

Peut-être nous ne sommes pas encore prêts à fabriquer une bombe d’Amour, un appareil assez puissant pour détruire toute la haine, l’égoïsme et la cupidité qui dévastent la planète. Cependant, chaque individu porte à l’intérieur un petit mais puissant générateur d’Amour dont l’énergie est en attente d’être libérée.

Lorsque nous aurons appris à donner et à recevoir cette Énergie universelle, chère Lieserl, nous pourrons affirmer que l’Amour conquiert tout, est capable de transcender tout et chaque chose, car l’Amour est la quintessence de la vie.

Je regrette vivement de ne pas pouvoir exprimer ce qui, dans mon cœur, a palpité silencieusement pour toi toute ma vie. Il est peut-être trop tard pour demander pardon, mais comme le temps est relatif, j’ai besoin de te dire que je t’aime et grâce à toi, j’ai atteint l’ultime réponse.

Ton père : Albert Einstein »

Nov 222015
 

Publié sur la page Facebook d’Antoine Leiris le 16 novembre 2015 à 13h18

leirisVendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

Nov 122015
 

C’est ce soir, venez nombreux ! Voilà le programme du Concerto pour l’Art de Vivre : Schubert, la musique et les chants Klezmer, autour de Magda Hollander Lafon.

Merci à notre partenaire, le Rotary club de Rennes (on peut découvrir leurs activités sur leur page facebook, et liker!)

https://www.facebook.com/rotaryclubrennes

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Sep 252015
 

« Notre époque est “nôtre”. Personne d’autre que nous ne peut la rendre meilleure… »

Vendredi 25 septembre, à 20h30, le Père André Marie donnera une conférence à la Maison des Associations, 6 cours des Alliés à Rennes : « Pour une sagesse vivante au coeur du quotidien ». Pour mieux connaître sa vie et son message : l’interview de Marie Clainchard, sur le blog L’avenir est en nous :

http://lavenirestennousblog.free.fr/index.php?post/2014/08/07/P%C3%A8re-Andr%C3%A9-Marie#c124

 

Sep 172015
 

Fatima Warou, qui était aux côtés de Vivre en Paix Ensemble place de la Mairie en juin dernier, co-animera avec Christian Leray une conférence ce soir à l’Antiseiche (Noyal-sur-Vilaine) à 18 h 30. Fatimata nous parle de dialogues entre les hommes et les cultures, et nous propose l’exemple des Africains (et particulièrement des Nigériens qu’elle connait bien) et de leur arbre à palabres..

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Mai 132015
 

VernissageACCErnstVoici les discours lus lors du vernissage à la Bibliothèque de Rennes 2
– d’Ernst Knöß, membre de notre association et co-créateur de l’exposition Gegen den Strom en Allemagne
– de Bertrand Bernicot, Président de Vivre en Paix ensemble

         Ernst Knöß :

 » Le patient travail conceptuel d’hommes et de femmes droits commence à porter des fruits en Allemagne : une nouvelle façon de penser émerge timidement dans certains groupes de la population et trouve la force de se présenter publiquement, avec un certain espoir de réussite.

Je voudrais contribuer à ce que l’impuissance muette des justes se transforme en paroles claires  de vérité, d’éclairage et de connaissance.

A la suite du « Saint empire germanique de nation allemande », l’empire allemand de 1871, la 1ère guerre mondiale, la République de Weimar, l’époque nazie, la division de l’Allemagne pendant la guerre froide ont marqué, dans l’histoire récente,  les rapports de force en Allemagne ; la psychologie des peuples, leur conscience, leur subconscient, la spiritualité et la conscience des individus, les thèses et les pratiques de l’économie néolibérale ont profondément été marqués par le quadrige de la Peur, de la Culpabilité, de la Souffrance et de la Mort.

Le sujet, les lieux et les dates de l’exposition offriront l’opportunité de présenter de façon exemplaire, au-delà des régions et nations, des hommes et des femmes qui, mus par un humanisme profond, agirent avec sincérité et responsabilité.

Si l’on tient compte de l’efficacité et de la portée de la résistance, au III° Reich elle ne fut pas le fait des castes au pouvoir, ni de l’administration ni des élites du système. Les résistants se trouvaient surtout parmi ceux qui à contre-courant avaient gardé le courage, de l’humanisme et l’amour, donc parmi les gens humbles, communs. En conséquence la résistance eut des facettes multiples.

La nouvelle façon de penser perceptible actuellement et ma propre vie de 1945 à aujourd’hui, m’ont motivé à participer à cette exposition par deux modules. Les témoins oculaires sont irremplaçables.

Seul celui qui a vécu intensément, est à même de comprendre ;

Celui qui a un vécu, peut le rapporter ;

Celui qui a observé, peut le décrire ;

Seul celui qui est ému profondément, peut saisir ;

Celui qui est touché, est capable d’empathie ;

Celui qui est bouleversé, ressent de la compassion ;

Les souffrances, la culpabilité, la mort, la peur et la puissance peuvent être sublimées en progrès humains comme l’humanisme, la responsabilité, la dignité, la vérité et la équité. C’est précisément cette voie à laquelle on ne peut renoncer et qu’on doit poursuivre. C’est la voie vers la paix, l’amour et le sens.

L’homme est ce qu’il est par la cause qu’il épouse, et il devient humain en se donnant à l’autre. » Ernst Knöß 

 

        Bertrand BERNICOT

 » Bonsoir à tous, bonsoir à chacun, bonsoir à chacune.

Sans lieu d’exposition, pas d’exposition. Merci M.Gilbert NICOLAS qui, en votre qualité de Président du Centre Franco-Allemand de Rennes, nous a guidés vers vous Mme BORIE, directrice de cette Bibliothèque de l’Université de Rennes 2.

Notre première reconnaissance, nous voulons l’adresser aux jeunes qui ont traduit cette exposition du Musée Juif de Francfort et de l’Institut Fritz Bauer. L’enjeu pour nous consistait à créer des opportunités pédagogiques sur un pan de l’Histoire méconnue. Merci à tous les professeurs qui se sont engagés volontairement dans cette aventure. Cette exposition se veut aussi une représentation du travail dans l’ombre des professeurs. Ce travail montre combien notre jeunesse regorge de force créatrice qui ne demande qu’à être guidée au service du bien commun. Cette exposition est ainsi une invitation à ne jamais céder à la tentation de pointer du doigt nos jeunes ; à nous de leur donner la capacité d’exprimer le meilleur d’eux-mêmes. Tel est le fil directeur des propos de Magda qui invite aussi, sans le dire, les professeurs à une transmission de vie.

Notre deuxième reconnaissance, nous voulons l’adresser à ces INCONNUS aujourd’hui connus, et à leurs descendants. A travers toi, Ernst, qui est le neveu d’un de ces hommes éclairés par cette exposition, se révèle un courage qui nous impressionne… une bravoure qui non seulement nous émeut mais aussi nous questionne sur notre capacité à nous engager aujourd’hui contre ce que nous pensons être des injustices

Le COURAGE, c’est aussi celui de ces hommes et de ces femmes en Allemagne qui, comme toi Ernst, ne se sont pas satisfaits de l’Histoire officielle, celle qui faisait que la période entre 1933 et 1945 était, au tout début des années 60, résumée en une seule page dans ton livre d’Histoire. La vérité dérange et c’est précisément pour cela que nous devons la rechercher et l’aimer. Avec 3 jeunes, tu as voulu déterrer les mémoires enfouies du camp de Mörfelden Walldorf, ta commune, un camp rattaché au camp de concentration plus connu de Natzweiler-Struthof ; le camp de Walldorf avait disparu dans la forêt ; au départ de vos recherches, quasiment personne n’en reconnaissait l’existence ; c’est dans ce camp que pendant 3 mois travailla Magda (notre Présidente d’Honneur) avec 1700 autres jeunes filles et femmes hongroises toutes prisonnières d’Auschwitz ; alors tu partis avec tes 3 amis à la recherche de témoins jusqu’à envoyer des appels à témoin dans des journaux en Israël ; en 1980, tu inauguras une stèle de mémoire en souvenir des victimes ; 20 ans + tard avec d’autres amis, tu accueillais Magda et 30 autres rescapées sur le lieu même de ce camp… le début de la réconciliation en profondeur de Magda avec l’Allemagne.

Il y a quelques années, Ernst, tu contactas l’institut Fritz Bauer pour avoir la possibilité de trouver de nouvelles documentations dans leurs archives et puis les historiens de l’Institut et du Musée juif de Francfort voulurent rendre compte de tous ces actes que je veux ici qualifier de résistance, même s’il ne s’agit pas de résistance au sens classique d’opposition politique au régime nazi.

Et puis lors de tes rencontres à Rennes avec Magda et avec d’autres membres de l’association Vivre en Paix ensemble a grandi l’idée de cette traduction ; cette traduction qui est donc née d’une amitié franco-allemande est vite devenue comme une évidence, comme une nécessité : Magda avait semé les graines depuis des années avec ses interventions dans les lycées et collèges d’Ille-et-Vilaine, elle avait laissé des traces dans la mémoire, il fallait récolter. C’est ce que nous avons fait cette dernière année. La récolte est belle. L’exposition Gegen den Strom est ainsi née mi 2012.

Je tiens à remercier ici tout particulièrement Mme DRUMMER, historienne du Musée Juif de Francfort, elle a été une facilitatrice exemplaire.

Pensons maintenant un instant au symbole de ce trait d’union que la traduction du nom de l’exposition Gegen den Strom a créé : A contre-courant. Un trait d’union symbole de la solidarité de ces hommes et de ces femmes envers des juifs pourchassés, au péril de leur vie et certainement de leur famille. La thématique si bien travaillée dans cette exposition de la solidarité nous parle ici en France, ici et aujourd’hui. C’est bien le 3è pilier de notre devise républicaine qui est ici mis en avant avec cette grande question : comment créer des relations fraternelles, ici et maintenant ?

Ce trait d’union, ce symbole de la solidarité est au cœur de la pédagogie de Magda depuis plus de 35 ans. Aider les jeunes à comprendre qu’ils peuvent agir ici et maintenant, en étant plus solidaires les uns des autres, en réagissant aux injustices, en ne cédant pas à la peur, en agissant pour créer un mieux vivre ensemble, concret, autour d’eux, au sein même de leur école, dans leur famille, dans leur quartier. En faisant attention au regard qu’il porte, un regard qui peut être destructeur ou donner des ailes, comme dirait Magda.

Notre troisième reconnaissance, nous l’adressons à toutes les ENERGIES qui se sont rassemblées pour réaliser ce travail et pour le soutenir. Merci M.RODRIGUEZ pour votre détermination, vous avez été notre premier soutien, un soutien indéfectible, merci Mme BRIERO pour votre aide, le financement notable de la Région Bretagne confirme notre intention de diffuser notre exposition dans les établissements scolaires bretons avec l’appui de nos amis de la Fédération des associations d’Amitié Franco-Allemandes de Bretagne. Nous venons d’apprendre que l’AMBASSADE d’Allemagne va soutenir la création du livret de l’exposition que nous ne pouvions aujourd’hui réaliser financièrement, qu’elle en soit remerciée.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur pierre. Merci à tous ces anonymes qui au travers de notre site Internet nous ont permis de récolter près de 700€, merci à Marie-Hélène et Daniel SIRAN qui ont créé notre site et le font vivre. Je tiens ici à préciser que le 1er financeur de notre exposition est une association allemande que tu présides, Ernst, tu rapporteras à tous les membres de ton association nos salutations les plus fraternelles. Le montage financier complexe de cette exposition confirme combien la société civile est un des leviers de l’engagement citoyen.

Cette exposition est née, elle va maintenant vivre, d’abord ici au sein de cette Université, elle grandira ensuite dans les lycées partenaires et ailleurs en Bretagne, elle sera, nous l’espérons l’occasion de conférences, de rencontres. Nous remercions tout chaleureusement les doigts de fée des couturières de notre partenaire L’Atelier LE MEE qui a imprimé l’exposition en tissu pour qu’elle soit aisément transportable et stockable. Notre ambition est de dupliquer cette exposition pour démultiplier notre capacité à faire connaître cette exposition qui nous interpelle dans nos cœurs et nos consciences. Nous reviendrons donc vers vous Mme BRIERO, vers vous M.RODRIGUEZ et vers vous M.NICOLAS car nous aurons besoin de l’aide d’autres Régions, d’autres municipalités, d’autres ONAC, d’autres Centres Franco-Allemands. Nous avons pris contact avec la Mairie de Paris et prochainement avec la Ville de Lyon qui est jumelée avec la Ville de Francfort.

Nous saisirons au vol toutes les autres énergies pour rester A contre-courant. Notre Forêt des P’tits Bonheurs, elle aussi, était à contre-courant et c’est ce qui a fait sa force et sa beauté. Merci à tous.

Mai 132015
 
Photo : Jérôme Fouquet / Ouest-France.

Photo : Jérôme Fouquet / Ouest-France.

 » Je m’appelle Pauline et je vais bientôt avoir 16 ans. Mais peu importe qui je suis… j’appartiens à la génération qui va vous succéder, à celle qui va devoir faire la France de demain, comme des millions d’autres jeunes. Je suis impressionnée de m’adresser à vous, comme ça, devant tout le monde… mais ce qui m’en donne le courage, c’est cette impression de m’adresser à des gens de ma famille. Vous pourriez être mon grand-père, ma grand-mère…

Oui je suis impressionnée, parce que je me trouve en face de l’idée même que je me fais du courage. Je m’adresse à des hommes et des femmes qui n’ont pas accepté qu’on leur prenne ce qu’ils avaient de plus précieux : leur liberté. La liberté d’aller et de venir, de dire ce que l’on pense, de lire ce que l’on veut, de prier ou de ne pas prier. Je m’adresse à des gens courageux qui ont risqué leur vie pour mon pays, qui ont souffert et qui ont perdu tant de camarades au combat ou dans un camp de concentration. Oui, je suis impressionnée… par cette façon que vous avez de cacher vos blessures, vos souvenirs les plus douloureux et de vous fondre dans l’anonymat après avoir tant donné.

Je suis aussi impressionnée par le courage de votre engagement. Pensez est une chose, mais agir avec tous les risques que cela comporte en est une autre. Qu’aurais-je donc fait à votre place ? J’avoue ne rien en savoir… Et quand bien même j’aurais pris le parti de m’engager comme vous, aurais-je été à la hauteur ? Je n’en sais rien.

Honneur à vous, à qui je dois et en partie d’être ce que je suis et le pays dans lequel je vis. Honneur à vos camarades morts pour la France et que vous avez vu tomber ou mourir d’épuisement. Ils sont dans vos cœurs… croyez le bien, ils sont aussi dans le mien  et dans le cœur de tous les jeunes.

Que ce soit sous l’uniforme, dans la résistance ou au cœur de l’univers concentrationnaire, vous avez su regarder l’autre comme un frère d’arme, un ami, un compagnon de misère. Dans vos rangs, il n’y avait plus d’étranger, de croyant ou de non croyant, de gens de gauche ou de gens de droite… simplement des frères qui aimaient la France et la liberté autant que vous et qui avait pris le parti, comme vous, de risquer leur vie pour quelque chose qui les dépassait. Votre union dans l’adversité vous a sans doute permis d’aller au-delà : vaincre votre peur, vaincre l’adversaire ou tout simplement survivre.

C’est pour cela que j’ai choisi de vous lire un vieux poème que vous devez sans doute bien connaître. Je pensais que ce texte appartenait au passé… mais 70 ans après, je me dis en moi-même qu’il est sans doute toujours d’actualité. »

 

Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas…

Tous deux adoraient la belle, prisonnière des soldats.

Lequel montait à l’échelle ? Et lequel guettait en bas ?

Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Qu’importe comment s’appelle  cette clarté sur leur pas, que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât :

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas : Tous les deux étaient fidèles, des lèvres, du cœur, des bras, et tous les deux disaient qu’elle vive

et qui vivra verra… Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Quand les blés sont sous la grêle,  fou qui fait le délicat ! Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat ! Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Du haut de la citadelle, la sentinelle tira par deux fois et l’un chancelle, l’autre tombe, qui mourra ?

Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Ils sont en prison.

Lequel a le plus triste grabat ? Lequel plus que l’autre gèle ? Lequel préfère les rats ? Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Un rebelle est un rebelle ! Deux sanglots font un seul glas !

Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas ! Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa.

Et leur sang rouge ruisselle ; même couleur, même éclat ; Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas…

Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima, pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat.

Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas : L’un court et l’autre a des ailes, de Bretagne ou du Jura. Et, framboise ou mirabelle…  le grillon rechantera !

Dites flûte ou violoncelle,  le double amour qui brûla ; L’alouette et l’hirondelle, la rose et le réséda.

Nous remercions Pauline CHEVALLIER et son père le colonel CHEVALLIER conseiller en communication du général de corps d’armée de Saint-Chamas de nous avoir autorisés à vous offrir ce texte écrit et lu le 8 mai 2015 par cette jeune fille de 16 ans, place de la Mairie de Rennes, dans le cadre de la commémoration de la Victoire de la Liberté.