Avr 232015
 

Ouest-France Ille-et-Vilaine

Juste après sa libération des camps de la mort, en avril 1945, Magda Hollander Lafon, 17 ans, seule au monde et au bord du gouffre, a retrouvé le chemin de la vie grâce à un sourire d’une personne rencontrée à un carrefour. Ce petit rien, ce « p’tit bonheur » l’a remise en selle.

Soixante-dix ans après sa libération, les 4, 5, 6 mai, place de la Mairie, à Rennes, Magda et ses amis de l’association Vivre en paix ensemble organisent une exposition singulière : Une forêt de p’tits bonheurs. Les passants seront invités à écrire et à accrocher dans 40 arbres factices des textes partageant « ces petits riens du quotidien, qui font le sel de la vie et aident à résister au pessimisme ».

Musiciens, danseurs, clowns accompagneront ces journées. Mais aussi des conteurs. Une quinzaine d’entre eux étaient réunis, samedi, à la Maison bleue, pour préparer cette exposition, autour de Jean-Pierre Matthias (contes et merveilles).

Un conte, ce n’est pas obligatoire dans la vie. Mais c’est essentiel. Les conteurs proposeront au public de se sourire ou de s’émouvoir autour d’une brève histoire. Ils sèmeront comme disent Rachel et ses amis « des germes de vie ». Ils provoqueront des « sourires de la rue ». Avec leurs chapelets de bienfaits…

Les textes qui seront accrochés peuvent déjà être twittés sur @Ptiboneurs

Avr 232015
 

Le p’tit Bonheur du jour

Publié sur La boîte à Philomène

Le Bonheur,

tu cherches tu cherches mais tu n’sais plus où le chercher

tellement déjà tu en as tout parcouru de chemins et de bouquins,

de spi de toutes les couleurs et de psi aussi …

Tu cherches tu cherches et tu t’égares…

Ou tu  crois l’avoir trouvé, attrapé,

et le temps d’attraper tes clés

et le voilà déjà parti,

alors tu t’es habitué à sentir le « bof » en toute saison.

Mais le bonheur existe, je l’ai rencontré !

R-éveille toi !

En vrai !

Alors c’est quoi ce Bonheur ?

Celui après lequel on court tous et que même sarenzamazon ils vendent même pas ?

Je crois que j’ai des pistes pour toi :

Tu crois que c’est quand c’est très tôt peut être…

Peut être que tu passes à côté parce que c’est de trop bonne heure pour toi ?

Et t’es du genre grasse mat’?

Pas d’bol !

En plus on vient de changer d’heure…

Il était peut être tout entier exactement dans celle-là qu’on vient d’enlever ?

Ou alors tu crois peut être que le bonheur c’est l’heure

qui a le plus de saveurs, de parfums, de gourmandises, d’épices,

de dosages subtiles de goûts raffinés sucrés salés poivrés :

que du bon goût dans cette heure…

Pas d’bol !

Tu t’es mis au régime sec pour la taille XXS de ton slip de bain de l’été prochain…

alors tu passes à côté de toutes ces douceurs de la bonne heure… ?

Mais je crois que c’est que tu le cherches trop trop grand…

Or, le bonheur, c’est petit.

Petit quand tu le rencontres,

Petit quand tu le croises sur le chemin,

Petit quand tu le saisis,

Petit quand tu l’aperçois,

Petit quand il murmure,

Petit quand il se diffuse discrètement,

Petit, comme toi, quand tu le cherches,

juste à ta hauteur,

juste à la taille de tes mains,

de tes oreilles,

de tes yeux..

Pour ne pas te faire peur,

le bonheur s’ajuste,

calibré pour toi :

c’est le sourire complice de l’enfant espiègle,

c’est le premier rayon de soleil glissé entre les volets,

c’est le baiser volé sur la jetée,

c’est une vraie lettre dans la boite aux lettres,

c’est la partie de pétanque partagée avec le vieux copain,

c’est la mésange audacieuse qui vient picorer sur ton rebord de fenêtre,

c’est le parfum de l’agneau de 7 heures qui monte de la cuisine,

c’est le voisin violoncelliste qui t’offre Bach par un dimanche pluvieux,

c’est le sms impromptu de ta bonne copine,

c’est la première bière printanière dégustée en terrasse,

Le Bonheur,

il est semé à la hauteur de ton être.

Si tu sais l’apercevoir et t’en saisir,

il se faufile dans ton coeur insaisissable,

mystérieux,

imprévisible,

et là il prend racine,

il devient plus grand que toi,

si grand qu’il déborde de ta frêle carapace,

qu’il ne sait que se partager,

se démultiplier de toi à tous ceux qui te croisent…

N’en as tu pas croisé de ces personnes rayonnantes ?

Ce sont des collectionneurs de petits bonheurs !

Des sources joyeuses auprès de qui il fait si bon être.

Leur recette ?

C’est très simple,

C’est par ici :

http://lesamisdemagda.fr/ptiboneurs/

Alors, à très bientôt de te lire dans la rubrique

« les collectionneurs de petits bonheurs »…

La révolution joyeuse est en marche…

Et si tu veux aller plus loin :

Au plaisir de te croiser,

À Rennes,

place de la mairie ,

Du 4 au 6 Mai 2015,

pour

« la forêt des petits bonheurs »

Affaire à suivre…

En route jolies gariguettes !

Avr 132015
 

Publié originellement sur: Breizh Femmes

Rarement une salle aussi bondée que celle des Champs Libres ce jour-là n’aura été si attentive, si silencieuse, presque recueillie. La petite voix apaisante de Magda Hollander-Lafon ponctuée de longs silences, et celle, vibrante et énergique, de Marie-José Chombart de Lauwe racontaient l’horreur.

Et devant l’horreur, il faut d’abord se taire avant peut-être de se révolter.

Mais aucune violence dans les propos de ces deux femmes d’exception ; ce qu’elles ont rapporté des camps nazis voilà plus de soixante-dix ans, c’est bien sûr, le désir que passe la justice mais surtout beaucoup de sagesse et le poids du devoir de témoigner pour elles et pour toutes celles et tous ceux qui n’en sont jamais revenu-es.

affiche

L’une était juive de Hongrie, l’autre Bretonne d’une famille de résistance. La première, Magda Hollander-Lafon fut déportée avec les 450 000 autres juifs hongrois et près d’un million de tziganes. « Je viens d’une famille juive non pratiquante – raconte-t-elle – je ne savais même pas ce que ça voulait dire « juif » mais je n’ai pas eu le temps de chercher. On nous a dit qu’on allait travailler ; je me suis accrochée à ce mot, travail, mais intérieurement, je sentais qu’il y avait un danger qui nous guettait. »

A 16 ans, elle se retrouve séparée de sa famille au camp de Birkenau où le trop célèbre docteur Mengele a droit de vie et de mort sur ceux qui arrivent. « Notre vie dépendait d’un bâton qui allait à droite ou à gauche – se souvient-elle – Si j’allais à droite, je restais vivante ; à gauche,vingt minutes plus tard je n’existais plus ! » Comme sa mère et sa sœur, perdues dans les fumées qui se dégagent des hautes cheminées.

Aucune colère, aucune agressivité dans cette petite voix qui témoigne et qui raconte la douche, les cheveux rasés, les vêtements et tous les effets personnels arrachés. « Nous étions là pour mourir – dit encore Magda Hollander-Lafon – les résistants avaient choisi de sauver leur honneur, leur patrie, donc il y avait un sens à leur départ ; ils donnaient leur vie volontairement. Nous, nous étions là uniquement parce que nous étions juifs ! »

Rester des « êtres pensants » au cœur de la déshumanisation

rsistanteRésistante, Marie-José Chombart de Lauwe, elle, a fêté ses dix-neuf ans en prison après avoir été arrêtée à Rennes où elle était étudiante. La résistance est pour elle une histoire de famille ; « ce n’est pas une décision que j’ai prise comme ça ; c’est toute une éducation derrière » dit-elle évoquant des parents engagés et informés. « L’hostilité contre l’armée d’occupation, l’hostilité contre les idées racistes nazies, je les portais en moi depuis un bon moment déjà. »

Convaincue de terrorisme, elle est classée NN pour « nuit et brouillard » c’est-à-dire ceux qui devaient disparaître. Elle aussi évoque cette déshumanisation dès l’entrée du camp à Ravensbrück où se retrouvent toutes les femmes aux lourdes condamnations : les résistantes au triangle rouge comme les « droits communs » au triangle vert. Au total, vingt nationalités sont représentées. Mais pour toutes, plus question de noms ou de prénom, elles deviennent un numéro.

« On essayait de se grouper entre camarades résistantes françaises – dit Marie-José Chombart de Lauwe – non seulement pour survivre mais surtout pour tâcher de conserver notre dignité d’être humain, pour montrer qu’on était des êtres pensants et que jusqu’au bout on pouvait être capables de créer. »

« Nous pouvons résister d’une multitude de façons » dira encore Magda Hollander-Lafon. Pour la petite juive ce sera en devenant rebelle. « Je vais mourir, mais je ne vais pas donner ma vie comme ça » se disait-elle. Mourir pour avoir volé des épluchures de pommes de terre ou bien plus tard pour avoir saboté des vis destinés aux avions allemands ou faussé compagnie au convoi en déplacement, tout valait mieux que « mourir pour rien ». « Quand nous acceptons la réalité, nous pouvons inventer la vie » dit Magda Hollander-Lafon. Pour elle, la réalité, s’appelle la mort. « Je savais que j’allais mourir – dit-elle – Mais à partir du moment où nous acceptons de mourir, nous recevons une force intérieure et nous devenons audacieux. »

On n’est pas des moins que rien parce qu’on n’a plus rien

De leur côté, les femmes de Ravensbrück déploient elles aussi des trésors d’imagination pour que leur détention soit vivable. Au risque de leur vie, elles détournent des fournitures pour échanger des petits cadeaux : mouchoirs brodés, croix ou chapelets en fils électriques. L’amitié et la solidarité sont leur dernier rempart contre la barbarie. L’art aussi quand elles créent une chorale et chantent « clandestinement » dès que les surveillantes ont le dos tourné.

confRester « être pensant » pour l’une ; prouver et se prouver « que ce n’est pas parce qu’on n’a plus rien, qu’on est des moins que rien » pour l’autre. Les deux femmes ont en elles le même souffle de vie qui leur permet de traverser les épreuves. Qui leur permet soixante-dix ans plus tard de continuer à témoigner, à dire non seulement ce qu’elles-mêmes ont vécu mais ce que fut cette époque. « Quand je dis « je » sachez que c’est un immense « nous » que j’ai derrière moi – explique Magda Hollander-Lafon – A chaque fois que j’interviens je redonne vie à ceux qui sont morts et ils continuent à vivre en moi. »

Marie-José Chombart de Lauwe ne dit rien d’autre quand elle raconte ce jeune prisonnier qui allait mourir et criait par sa fenêtre de la prison de la Santé : « dites aux jeunes qui viendront que je suis tombé pour qu’eux vivent dans la paix. » « Je suis porteuse de ma mémoire – dit la vieille dame – mais aussi de la mémoire de tous ceux que j’ai vus fusillés. »

Face aux interrogations, aux doutes aussi, à son retour en Bretagne dans la maison familiale de l’île de Bréhat, Marie-José Chombard de Lauwe, aujourd’hui Présidente de la fondation pour la mémoire de la déportation, a très vite choisi d’écrire pour dire, à chaud, la réalité des camps.

Demain entre confiance et inquiétude

Magda Hollander-Lafon, s’est retrouvée seule, n’ayant plus aucune famille ni aucune attache, dans un pays étranger dont elle ne parlait pas la langue, la Belgique pendant dix ans puis la France. Et pour elle, c’est le silence qui accompagna une douloureuse renaissance. « Dans les camps, je n’avais pas peur de mourir, parce que je savais ce qui m’attendait – se souvient-elle – mais là, subitement, la peur m’a envahie. » Ou encore : « j’étais silencieuse ; je ne pouvais pas parler. »Et ce n’est que longtemps après qu’elle pourra écrire et témoigner notamment dans les établissements scolaires.

Si les parcours de ces deux femmes admirables ont été en bien des points semblables, elles portent aujourd’hui sur le monde un regard quelque peu divergent. La résistante reste combative quand elle interpelle l’auditoire d’un vibrant : « ne baissez pas les bras, gardez les yeux ouverts car tout cela n’est pas fini et il faut continuer à vous engager et vous battre pour que cette idéologie de haine cesse une fois pour toutes et pour toujours ! Soyez vigilants ; le germe du mal est en train de repartir ! »

Plus confiante en l’être humain, mais tout aussi concernée par l’actualité, Magda Hollander-Lafon dit quant à elle : « nous avons toujours à espérer. Pour moi, ce n’est que la solidarité qui peut sauver l’humanité ; la vie est toujours en devenir. Demain dépend de chacun de nous. »

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :

Magda Hollander-Lafon a écrit trois livres : « Les chemins du temps » aux éditions ouvrières en 1977 – réédité en 1981 (épuisé) ; « Souffle sur la braise » aux éditions du Cerf (1993) et « Quatre petits bouts de pain » aux éditions Albin Michel (2012)

Marie-José Chombart de Lauwe a publié Toute une vie de résistance aux éditions Pop’Com (2002) et va sortir fin avril un nouveau livre « Résister toujours » aux éditions Flammarion

Voir aussi le site « Les amis de Magda »  et les événements à venir et à soutenir ; le site de la Fondation pour la mémoire de la déportation

Spectacle « Les Hommes » de Charlotte Delbo le 30 avril à 20h 30 au théâtre de l’ADEC, rue Papu. Cette pièce raconte l’histoire de huit femmes résistantes emprisonnées à Romainville avant d’être déportées à Auschwitz. Réservations au 02 99 33 20 01

Publié originellement sur: Breizh Femmes

Avr 062015
 

Qu’est-ce qu’un P’tit Bonheur ?

La réponse en images par les membres de Vivre en Paix Ensemble:

Venez transmettre votre art de vivre. Venez nous raconter votre équivalent d’épluchures de pommes de terre.

Ecrivez votre P’TIT BONHEUR en avant-première. Il sera rapidement tweeté et diffusé par l’intermédiaire de plusieurs médias à Rennes début mai lors de l’exposition/événement.

Et n’oubliez pas de nous soutenir pour mener à bien l’organisation de ces journées de P’tits Bonheurs.

don-ptit-bonheur

Avr 032015
 

Marie-Jo Chombart de Lauwe et Magda Lafon, rescapées des camps de la mort dont on commémore le 70e anniversaire de la Libération, ont fait salle comble aux Champs Libres.

Dans une salle de conférences Hubert-Curien pleine à craquer, plus de 400 collégiens et lycéens ont écouté les témoignages de Marie-Jo Chombart de Lauwe et Magda Lafon, vendredi après-midi aux Champs libres.

La première, arrêtée en 1943 à Rennes, fut déportée à Ravensbrück parce qu’elle était résistante. La seconde, juive de Hongrie, fut conduite en 1944 à Auschwitz-Birkenau.

Une conférence publique ce samedi

Revenues de l’enfer, elles ont fait le récit de ce douloureux épisode et pris le temps de répondre aux nombreuses questions de l’assistance. « Pour qu’on n’oublie jamais et pour que plus personne ne vive ce que nous avons vécu. »

400 collégiens et lycéens venus de toute l'Ille-et-Vilaine ont écouté le récit des deux déportées et posé des questions.

Marie-Jo Chombart de Lauwe et Magda Lafon témoigneront de nouveau aux Champs libres, ce samedi, à 15 h 30, à l’invitation des associations d’anciens combattants et anciens déportés Anacr et Adirp. Entrée libre, dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée, tél. 02 23 40 66 00.

Ouest-France  

Mar 292015
 

Une multitude de petits dons pour une grande rivière…

Nos projets vous ont parlé, et nous espérons que vous avez pu les découvrir.

La Forêt des P’tits Bonheurs a grandi, grandi, grandi pendant 3 jours de gratuité et de fraternité.

Notre exposition A contre courant est visible au 1er étage de la Bibliothèque de l’Université de Rennes 2.

Nous allons continuer, récolter de nouveaux fruits de cette forêt, créer des passeurs de p’tits bonheurs, nous vous en parlerons.

Nous allons aussi chercher à dupliquer l’exposition A contre courant car dès septembre prochain, elle ira dans un premier lycée partenaire, à Vitré.

Vous pouvez nous soutenir en envoyant un chèque à l’adresse suivante : VEPE 14 square de Tanouarn 35000 Rennes ou par carte bancaire sur HelloAsso.

Soutenez nous gratuitement également en nous adressant vos P’tits Bonheurs, en partageant, aimant et suivant nos publications sur Facebook et Tweeter.

 Page Facebook Vivre en Paix Ensemble

Tweeter à @VivreEnPaixEns

Un grand merci à vous tous !!!!

Mar 102015
 

La déportation des juifs et des résistants : deux témoins

37760_1_FR_originalParmi les millions de déportés de la seconde guerre mondiale, Magda Hollander-Lafon parce qu’elle était juive, et Marie-Jo Chombart de Lauwe (Présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation) pour actes de résistance.

Deux femmes, deux témoignages de la vie en déportation, mais aussi deux récits de la libération et du retour.

En partenariat avec l’ANACR 35 et notre association Vivre en Paix ensemble.

Samedi 4 avril, à 15h30, Les Champs Libres, salle de conférences, Rennes.

Gratuit. Contact et réservation : tél. 02 23 40 66 00

Les Champs Libres

Marie-Jo Chombart de Lauwe