Bertrand Bernicot

Fév 122015
 

Martin Niemöller« Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes,
je me suis tu, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je me suis tu, je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs,
je me suis tu, je n’étais pas juif.

Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques,
je me suis tu, je n’étais pas catholique.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il n’y avait plus personne pour protester. »

Pasteur allemand M.NIEMOLLER, résistant au nazisme

La Gestapo interna ce pasteur au camp de concentration à Sachsenhausen d’abord puis à Dachau.

Fév 122015
 

magda-lafon-photo-s« Mon seul désir, en témoignant, c’est que vous trouviez confiance en vous-mêmes, que vous soyez capables de vous engager en personnes libres.

Restez fidèles à vous-mêmes, ne vous désertez pas en croyant répondre à l’attente d’autrui sur vous, ou par peur d’être moins aimés.

Je vous invite à résister aux influences extérieures, à choisir vos sources d’information. N’avalez pas comme vérité tout ce qu’on vous raconte.

Lorsque vous êtes témoins d’une situation que vous ressentez comme inacceptable, humainement injuste, faites-vous confiance.

Discernez, choisissez et devenez responsables de vos choix.

Transformer l’indifférence et l’ignorance (qui sont, pour moi, la mort de l’homme, la mort de l’humanité) en solidarité dans la foi en la vie.

Pardonner, pour moi, c’est changer de regard sur soi et sur les autres.

Il vous reste, maintenant, à imaginer ensemble comment œuvrer, comment cultiver de vrais liens avec moins de peur, pour retrouver en vous l’espérance en l’humanité de l’homme, pour devenir des témoins vigilants, aujourd’hui, là où vous êtes.

Vous êtes bâtisseurs et responsables de votre devenir. »

Magda Hollander-Lafon

Fév 082015
 

Quatre Petits Bouts de Pain -- Magda Hollander-Lafon -- Albin Michel

Mes mots sont fragiles, comme moi. « Comment transmettre cette mémoire sans la banaliser, sans l’alourdir, sans accabler l’autre ? »

J’ai conscience que ce serait destructeur d’enfermer la nouvelle génération dans une mémoire uniquement douloureuse.

« La question qui m’anime est : comment transmettre l’incommunicable avec des mots de façon à mobiliser en chacun un appel à la vie responsabilité, à la vie ?

Pour cela j’ai choisi une démarche pédagogique lorsque je suis invitée par des professeurs d’histoire à témoigner sur la déportation dans des lycées et des collèges. J’ai élaboré un questionnaire préalable à l’intention des élèves. Avec une dizaine d’entre eux, nous dépouillons les réponses, anonymes. Cela me permet d’ajuster mes questions et mes réponses face aux nombreux jeunes (entre centre cinquante et trois cents).

En général ils ont peur de me poser des questions ; cela ne viendrait-il pas de nous, les adultes, qui ne savons pas les interroger et partir de ce qui les intéresse ? Ce qui est important pour moi, c’est de susciter chez eux leurs propres interrogations ; ce n’est qu’à partir d’elles que je peux les appeler à leur propre vie. Leurs questions en disent long sur ce qu’ils vivent aujourd’hui.

Je les sens réceptifs, actifs. Le questionnaire les aide à dire leurs préjugés, leurs peurs, leurs ignorances, leurs haines. Certains arrivent à dire : « Je ne sais pas ». Je les félicite pour leur courage et je leur explique que celui qui arrive à dire « Je ne sais pas » est sur le chemin de la connaissance. Le savoir est important, mais s’il reste uniquement cérébral, pour moi il est vide de sens. La connaissance a une dimension éthique. »

Magda HOLLANDER LAFON

Fév 042015
 

« Le projet de traduction de la langue allemande dans la langue française de l’exposition Gegen den Strom (A contre-courant), présentée au Musée juif de Francfort en 2012, est un projet-citoyen européen. Mais la proposition d’Ernst Knöss via l’association rennaise Vivre en paix ensemble va plus loin.

En contribuant à la publication française de l’exposition, dans leur langue natale à partir de la maîtrise de la langue allemande, les jeunes lycéennes et lycéens, accompagnés par leurs enseignants de langue allemande et d’Histoire-Géographie, nous rappellent que la traduction n’est pas un exercice technique mais culturel et sert de pont entre les uns et les autres.

Il s’agit de reconnaître la solidarité et l’aide envers les Juifs persécutés à Francfort et dans le land de la Hesse pendant la période nazie ; de reconnaître des gestes et des actes de femmes et d’hommes d’Allemagne, au risque de leur vie. Voilà une ouverture : il y a eu des formes de résistance individuelle et collective et des mains tendues alors même que le système totalitaire nazi contrôlait la société allemande.

Plus encore, le projet est l’opportunité pour les jeunes filles et garçons de comprendre que le lien à l’autre est un aspect essentiel et constitutif de notre propre personne, de soi. Au-delà des lignes de force de l’histoire enseignée, ces jeunes qui ont accepté la proposition de la traduction nous emmènent dans des plis mémoriels et nous font prendre conscience que, tout autant que la banalité du mal, la banalité du bien n’est pas à sous-estimer. L’humaine condition est ici mise en perspective à travers des lieux et des temps : notre fragilité est l’essence même de notre respect de l’autre. Nous avons toujours tous besoin, jeunes et moins jeunes, de nous souvenir de cet espoir. Pour nous enseignants, il s’agit sans doute alors d’enseigner à vivre, vivre dans ce que cela peut avoir de mieux. »

Gilles OLLIVIER, Enseignant d’Histoire-Géographie, Lycée Chateaubriand, Rennes

Gilles et notre ami Marc SCHINDLER, également professeur au lycée Chateaubriand, ont mis en valeur les actes de résistance allemande face au nazisme au travers de liste de documents.

En 2012, Gilles Ollivier, avec ses élèves de Première littéraire du lycée Chateaubriand à Rennes, a mené un travail de mémoire remarquable sur le camp d’internement des nomades de Rennes  (1940- 1945).