mai 2015 – Vivre en paix ensemble
Mai 132015
 

VernissageACCErnstVoici les discours lus lors du vernissage à la Bibliothèque de Rennes 2
– d’Ernst Knöß, membre de notre association et co-créateur de l’exposition Gegen den Strom en Allemagne
– de Bertrand Bernicot, Président de Vivre en Paix ensemble

         Ernst Knöß :

 » Le patient travail conceptuel d’hommes et de femmes droits commence à porter des fruits en Allemagne : une nouvelle façon de penser émerge timidement dans certains groupes de la population et trouve la force de se présenter publiquement, avec un certain espoir de réussite.

Je voudrais contribuer à ce que l’impuissance muette des justes se transforme en paroles claires  de vérité, d’éclairage et de connaissance.

A la suite du « Saint empire germanique de nation allemande », l’empire allemand de 1871, la 1ère guerre mondiale, la République de Weimar, l’époque nazie, la division de l’Allemagne pendant la guerre froide ont marqué, dans l’histoire récente,  les rapports de force en Allemagne ; la psychologie des peuples, leur conscience, leur subconscient, la spiritualité et la conscience des individus, les thèses et les pratiques de l’économie néolibérale ont profondément été marqués par le quadrige de la Peur, de la Culpabilité, de la Souffrance et de la Mort.

Le sujet, les lieux et les dates de l’exposition offriront l’opportunité de présenter de façon exemplaire, au-delà des régions et nations, des hommes et des femmes qui, mus par un humanisme profond, agirent avec sincérité et responsabilité.

Si l’on tient compte de l’efficacité et de la portée de la résistance, au III° Reich elle ne fut pas le fait des castes au pouvoir, ni de l’administration ni des élites du système. Les résistants se trouvaient surtout parmi ceux qui à contre-courant avaient gardé le courage, de l’humanisme et l’amour, donc parmi les gens humbles, communs. En conséquence la résistance eut des facettes multiples.

La nouvelle façon de penser perceptible actuellement et ma propre vie de 1945 à aujourd’hui, m’ont motivé à participer à cette exposition par deux modules. Les témoins oculaires sont irremplaçables.

Seul celui qui a vécu intensément, est à même de comprendre ;

Celui qui a un vécu, peut le rapporter ;

Celui qui a observé, peut le décrire ;

Seul celui qui est ému profondément, peut saisir ;

Celui qui est touché, est capable d’empathie ;

Celui qui est bouleversé, ressent de la compassion ;

Les souffrances, la culpabilité, la mort, la peur et la puissance peuvent être sublimées en progrès humains comme l’humanisme, la responsabilité, la dignité, la vérité et la équité. C’est précisément cette voie à laquelle on ne peut renoncer et qu’on doit poursuivre. C’est la voie vers la paix, l’amour et le sens.

L’homme est ce qu’il est par la cause qu’il épouse, et il devient humain en se donnant à l’autre. » Ernst Knöß 

 

        Bertrand BERNICOT

 » Bonsoir à tous, bonsoir à chacun, bonsoir à chacune.

Sans lieu d’exposition, pas d’exposition. Merci M.Gilbert NICOLAS qui, en votre qualité de Président du Centre Franco-Allemand de Rennes, nous a guidés vers vous Mme BORIE, directrice de cette Bibliothèque de l’Université de Rennes 2.

Notre première reconnaissance, nous voulons l’adresser aux jeunes qui ont traduit cette exposition du Musée Juif de Francfort et de l’Institut Fritz Bauer. L’enjeu pour nous consistait à créer des opportunités pédagogiques sur un pan de l’Histoire méconnue. Merci à tous les professeurs qui se sont engagés volontairement dans cette aventure. Cette exposition se veut aussi une représentation du travail dans l’ombre des professeurs. Ce travail montre combien notre jeunesse regorge de force créatrice qui ne demande qu’à être guidée au service du bien commun. Cette exposition est ainsi une invitation à ne jamais céder à la tentation de pointer du doigt nos jeunes ; à nous de leur donner la capacité d’exprimer le meilleur d’eux-mêmes. Tel est le fil directeur des propos de Magda qui invite aussi, sans le dire, les professeurs à une transmission de vie.

Notre deuxième reconnaissance, nous voulons l’adresser à ces INCONNUS aujourd’hui connus, et à leurs descendants. A travers toi, Ernst, qui est le neveu d’un de ces hommes éclairés par cette exposition, se révèle un courage qui nous impressionne… une bravoure qui non seulement nous émeut mais aussi nous questionne sur notre capacité à nous engager aujourd’hui contre ce que nous pensons être des injustices

Le COURAGE, c’est aussi celui de ces hommes et de ces femmes en Allemagne qui, comme toi Ernst, ne se sont pas satisfaits de l’Histoire officielle, celle qui faisait que la période entre 1933 et 1945 était, au tout début des années 60, résumée en une seule page dans ton livre d’Histoire. La vérité dérange et c’est précisément pour cela que nous devons la rechercher et l’aimer. Avec 3 jeunes, tu as voulu déterrer les mémoires enfouies du camp de Mörfelden Walldorf, ta commune, un camp rattaché au camp de concentration plus connu de Natzweiler-Struthof ; le camp de Walldorf avait disparu dans la forêt ; au départ de vos recherches, quasiment personne n’en reconnaissait l’existence ; c’est dans ce camp que pendant 3 mois travailla Magda (notre Présidente d’Honneur) avec 1700 autres jeunes filles et femmes hongroises toutes prisonnières d’Auschwitz ; alors tu partis avec tes 3 amis à la recherche de témoins jusqu’à envoyer des appels à témoin dans des journaux en Israël ; en 1980, tu inauguras une stèle de mémoire en souvenir des victimes ; 20 ans + tard avec d’autres amis, tu accueillais Magda et 30 autres rescapées sur le lieu même de ce camp… le début de la réconciliation en profondeur de Magda avec l’Allemagne.

Il y a quelques années, Ernst, tu contactas l’institut Fritz Bauer pour avoir la possibilité de trouver de nouvelles documentations dans leurs archives et puis les historiens de l’Institut et du Musée juif de Francfort voulurent rendre compte de tous ces actes que je veux ici qualifier de résistance, même s’il ne s’agit pas de résistance au sens classique d’opposition politique au régime nazi.

Et puis lors de tes rencontres à Rennes avec Magda et avec d’autres membres de l’association Vivre en Paix ensemble a grandi l’idée de cette traduction ; cette traduction qui est donc née d’une amitié franco-allemande est vite devenue comme une évidence, comme une nécessité : Magda avait semé les graines depuis des années avec ses interventions dans les lycées et collèges d’Ille-et-Vilaine, elle avait laissé des traces dans la mémoire, il fallait récolter. C’est ce que nous avons fait cette dernière année. La récolte est belle. L’exposition Gegen den Strom est ainsi née mi 2012.

Je tiens à remercier ici tout particulièrement Mme DRUMMER, historienne du Musée Juif de Francfort, elle a été une facilitatrice exemplaire.

Pensons maintenant un instant au symbole de ce trait d’union que la traduction du nom de l’exposition Gegen den Strom a créé : A contre-courant. Un trait d’union symbole de la solidarité de ces hommes et de ces femmes envers des juifs pourchassés, au péril de leur vie et certainement de leur famille. La thématique si bien travaillée dans cette exposition de la solidarité nous parle ici en France, ici et aujourd’hui. C’est bien le 3è pilier de notre devise républicaine qui est ici mis en avant avec cette grande question : comment créer des relations fraternelles, ici et maintenant ?

Ce trait d’union, ce symbole de la solidarité est au cœur de la pédagogie de Magda depuis plus de 35 ans. Aider les jeunes à comprendre qu’ils peuvent agir ici et maintenant, en étant plus solidaires les uns des autres, en réagissant aux injustices, en ne cédant pas à la peur, en agissant pour créer un mieux vivre ensemble, concret, autour d’eux, au sein même de leur école, dans leur famille, dans leur quartier. En faisant attention au regard qu’il porte, un regard qui peut être destructeur ou donner des ailes, comme dirait Magda.

Notre troisième reconnaissance, nous l’adressons à toutes les ENERGIES qui se sont rassemblées pour réaliser ce travail et pour le soutenir. Merci M.RODRIGUEZ pour votre détermination, vous avez été notre premier soutien, un soutien indéfectible, merci Mme BRIERO pour votre aide, le financement notable de la Région Bretagne confirme notre intention de diffuser notre exposition dans les établissements scolaires bretons avec l’appui de nos amis de la Fédération des associations d’Amitié Franco-Allemandes de Bretagne. Nous venons d’apprendre que l’AMBASSADE d’Allemagne va soutenir la création du livret de l’exposition que nous ne pouvions aujourd’hui réaliser financièrement, qu’elle en soit remerciée.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur pierre. Merci à tous ces anonymes qui au travers de notre site Internet nous ont permis de récolter près de 700€, merci à Marie-Hélène et Daniel SIRAN qui ont créé notre site et le font vivre. Je tiens ici à préciser que le 1er financeur de notre exposition est une association allemande que tu présides, Ernst, tu rapporteras à tous les membres de ton association nos salutations les plus fraternelles. Le montage financier complexe de cette exposition confirme combien la société civile est un des leviers de l’engagement citoyen.

Cette exposition est née, elle va maintenant vivre, d’abord ici au sein de cette Université, elle grandira ensuite dans les lycées partenaires et ailleurs en Bretagne, elle sera, nous l’espérons l’occasion de conférences, de rencontres. Nous remercions tout chaleureusement les doigts de fée des couturières de notre partenaire L’Atelier LE MEE qui a imprimé l’exposition en tissu pour qu’elle soit aisément transportable et stockable. Notre ambition est de dupliquer cette exposition pour démultiplier notre capacité à faire connaître cette exposition qui nous interpelle dans nos cœurs et nos consciences. Nous reviendrons donc vers vous Mme BRIERO, vers vous M.RODRIGUEZ et vers vous M.NICOLAS car nous aurons besoin de l’aide d’autres Régions, d’autres municipalités, d’autres ONAC, d’autres Centres Franco-Allemands. Nous avons pris contact avec la Mairie de Paris et prochainement avec la Ville de Lyon qui est jumelée avec la Ville de Francfort.

Nous saisirons au vol toutes les autres énergies pour rester A contre-courant. Notre Forêt des P’tits Bonheurs, elle aussi, était à contre-courant et c’est ce qui a fait sa force et sa beauté. Merci à tous.

Mai 132015
 
Photo : Jérôme Fouquet / Ouest-France.

Photo : Jérôme Fouquet / Ouest-France.

 » Je m’appelle Pauline et je vais bientôt avoir 16 ans. Mais peu importe qui je suis… j’appartiens à la génération qui va vous succéder, à celle qui va devoir faire la France de demain, comme des millions d’autres jeunes. Je suis impressionnée de m’adresser à vous, comme ça, devant tout le monde… mais ce qui m’en donne le courage, c’est cette impression de m’adresser à des gens de ma famille. Vous pourriez être mon grand-père, ma grand-mère…

Oui je suis impressionnée, parce que je me trouve en face de l’idée même que je me fais du courage. Je m’adresse à des hommes et des femmes qui n’ont pas accepté qu’on leur prenne ce qu’ils avaient de plus précieux : leur liberté. La liberté d’aller et de venir, de dire ce que l’on pense, de lire ce que l’on veut, de prier ou de ne pas prier. Je m’adresse à des gens courageux qui ont risqué leur vie pour mon pays, qui ont souffert et qui ont perdu tant de camarades au combat ou dans un camp de concentration. Oui, je suis impressionnée… par cette façon que vous avez de cacher vos blessures, vos souvenirs les plus douloureux et de vous fondre dans l’anonymat après avoir tant donné.

Je suis aussi impressionnée par le courage de votre engagement. Pensez est une chose, mais agir avec tous les risques que cela comporte en est une autre. Qu’aurais-je donc fait à votre place ? J’avoue ne rien en savoir… Et quand bien même j’aurais pris le parti de m’engager comme vous, aurais-je été à la hauteur ? Je n’en sais rien.

Honneur à vous, à qui je dois et en partie d’être ce que je suis et le pays dans lequel je vis. Honneur à vos camarades morts pour la France et que vous avez vu tomber ou mourir d’épuisement. Ils sont dans vos cœurs… croyez le bien, ils sont aussi dans le mien  et dans le cœur de tous les jeunes.

Que ce soit sous l’uniforme, dans la résistance ou au cœur de l’univers concentrationnaire, vous avez su regarder l’autre comme un frère d’arme, un ami, un compagnon de misère. Dans vos rangs, il n’y avait plus d’étranger, de croyant ou de non croyant, de gens de gauche ou de gens de droite… simplement des frères qui aimaient la France et la liberté autant que vous et qui avait pris le parti, comme vous, de risquer leur vie pour quelque chose qui les dépassait. Votre union dans l’adversité vous a sans doute permis d’aller au-delà : vaincre votre peur, vaincre l’adversaire ou tout simplement survivre.

C’est pour cela que j’ai choisi de vous lire un vieux poème que vous devez sans doute bien connaître. Je pensais que ce texte appartenait au passé… mais 70 ans après, je me dis en moi-même qu’il est sans doute toujours d’actualité. »

 

Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas…

Tous deux adoraient la belle, prisonnière des soldats.

Lequel montait à l’échelle ? Et lequel guettait en bas ?

Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Qu’importe comment s’appelle  cette clarté sur leur pas, que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât :

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas : Tous les deux étaient fidèles, des lèvres, du cœur, des bras, et tous les deux disaient qu’elle vive

et qui vivra verra… Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Quand les blés sont sous la grêle,  fou qui fait le délicat ! Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat ! Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Du haut de la citadelle, la sentinelle tira par deux fois et l’un chancelle, l’autre tombe, qui mourra ?

Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Ils sont en prison.

Lequel a le plus triste grabat ? Lequel plus que l’autre gèle ? Lequel préfère les rats ? Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ?

Un rebelle est un rebelle ! Deux sanglots font un seul glas !

Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas ! Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa.

Et leur sang rouge ruisselle ; même couleur, même éclat ; Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas…

Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima, pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat.

Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas : L’un court et l’autre a des ailes, de Bretagne ou du Jura. Et, framboise ou mirabelle…  le grillon rechantera !

Dites flûte ou violoncelle,  le double amour qui brûla ; L’alouette et l’hirondelle, la rose et le réséda.

Nous remercions Pauline CHEVALLIER et son père le colonel CHEVALLIER conseiller en communication du général de corps d’armée de Saint-Chamas de nous avoir autorisés à vous offrir ce texte écrit et lu le 8 mai 2015 par cette jeune fille de 16 ans, place de la Mairie de Rennes, dans le cadre de la commémoration de la Victoire de la Liberté.

Mai 062015
 

logoL´exposition « A Contre-Courant, Solidarité et aide aux juifs poursuivis de Francfort-sur-le-Main et de la Hesse » a été inaugurée il y a 3 ans, le 8 mai 2012 dans le Musée de Francfort-Judengasse. L´exposition a donné des résultats impressionnants grâce aux années de recherches effectuées et grâce aussi aux nombreux entretiens avec les témoins qui ont pu être recueillis.

L´exposition ainsi que le programme engagé qui l´encadrait ont été accueilli avec grand intérêt par notre public. Peut-être justement parce que ce sujet a longtemps été passé sous silence et que les aidants et les aidantes, qui avaient agi si courageusement et en partie aussi au péril de leur vie, sont après 1945 restés très discrets sur leurs actions.

Les scientifiques estiment aujourd´hui que, pendant cette période du troisième Reich, dans les conditions extrêmes du régime nazi, 20.000 personnes auraient été prêtes à aider des juifs persécutés. L’aide courageuse apportée avait toutes sortes de facettes: elle variait de la transmission tout à fait spontanée d’adresses de solidarités, à la fourniture de denrées alimentaires, à l´organisation de faux papiers ou de cachettes jusqu´à sauver de la déportation. Plusieurs d´entre eux ont été honorés et reconnus « Juste parmi les Nations » à Yad-Vashem en Israël.

Le sujet continu à soulever des questions qui suscitent des controverses parmi les chercheurs. Quelques exemples:

  • D’une façon générale, quel danger cela présentait-il d’aider les juifs ?
  • Quelles était les motivations de ceux qui apportaient leur aide ?
  • Comment ces hommes réussissaient-ils pendant la période nazi à conserver leur orientation pleine d’humanité ?
  • De quelles marges disposait l’individu ou y avait-il un réseau ?
  • Y avait-il des « personnalités disposées, par nature, à aider » ?
  • Quelle était l’aide nécessaire pour sauver une vie humaine ?
  • Que signifiait l’échec pour celui qui aidait comme pour ceux qui étaient pourchassés ?
  • Pourquoi la société allemande d’après-guerre est-elle restée muette sur le sujet ?
  • Comment qualifions-nous aujourd’hui l´aide apportée?

L´exposition  » A Contre-Courant  » tente d´apporter quelques réponses à ces questions universelles en présentant plusieurs exemples d’histoires vécues dans Francfort sur le Main et ses environs restées plutôt méconnues jusqu´à aujourd’hui.
Les thèmes choisis présentent un nombre très varié d´actes de solidarité envers les juifs poursuivis: amour, amitié, solidarité et dévouement, amour du prochain, aide lors de l’émigration, dans le cadre du pogrom de novembre ou de persécutions, approvisionnement en denrées alimentaires, activités de faussaires, cachette, contacts avec les déportés, interventions pour sauver les gens de la déportation de masse, dans les camps de concentration ou dans l´ombre de la guerre d’anéantissement.

L´exposition se concentre sur des personnes ou des groupes: ceux qui aident, qui sauvent ainsi que certains réseaux de Francfort-sur-le-Main et de l´actuel Land de la Hesse. Des exemples de sauvetages réussis mais aussi de tentatives qui se sont terminées tragiquement, car en fin de compte très peu parmi les victimes de l´antisémitisme ont survécus. Un épilogue est consacré à la question de savoir pourquoi, après 1945, on est resté si longtemps muet sur ce sujet important au sein de la société de la République Fédérale d’Allemagne. L´une des raisons est peut-être qu´après la seconde guerre mondiale, avant tout en Allemagne de l’ouest, s’est imposée une conception restreinte de la résistance: des actions qui visaient spécifiquement la chute du régime nazi. L´aide apportée aux juifs pourchassés était à peine reconnue comme une résistance « sérieuse » et, par conséquent, n’était pas une composante de la mémoire collective. Il y a par là une différence fondamentale par rapport à la mémoire de la résistance politique française.

Je vous avouerais que j´ai, au départ, tout d´abord été surpris lorsque Madame Heike Drummer, historienne et membre de notre conseil d’administration m´a dit que la ville de Rennes ainsi que l´organisation « Vivre en Paix Ensemble » souhaitaient présenter l´exposition en Bretagne dans le cadre des manifestations prévues pour les 70 ans de la libération de la France. D´un point de vue topographique, les évènements se déroulent dans une région certainement peu connue en France, si ce n´est la métropole de Francfort-sur-le-Main. J´ai toutefois immédiatement été touché par la belle idée de voir les textes de l´exposition et le petit catalogue traduits par des élèves de la ville de Rennes avec l´aide de leur professeur pour les présenter à un public français. C´est la raison pour laquelle j´ai été favorable à ce projet. Votre intérêt nous honore et nous sommes très heureux de ce beau geste d´amitié franco-allemande.
Le projet est né de la coopération inhabituelle avec l´un de nos participants, Monsieur Ernst Knöß de Mörfelden-Walldorf près de Francfort-sur-le-Main que je remercie cordialement. Monsieur Ernst Knöß est le neveu de Wilhelm König – vous allez bientôt découvrir dans l´exposition le courageux et fidèle chrétien gérant d´une maison de retraite juive à Francfort sur le Main et son épouse Eva. Lorsqu’à partir de 1941/1942 l´on oblige les personnes âgées juives à se rassembler dans des maisons de retraite avant de les déporter, il empêche plusieurs fois l´accès de la maison de retraite aux SS.

Après 1945 Wilhelm König se remet immédiatement à la disposition de la communauté juive nouvellement fondée. En 1974 la communauté juive remercie le couple et leur remet une pièce de monnaie en or ainsi qu´un diplôme d´honneur concernant la plantation de 72 arbres en Israël.

Le 7 janvier 2013, au jour de l´anniversaire de la libération d´Auschwitz, notre exposition a reçu en récompense le prix de la commémoration Hosenfeld / Szpilman, un prix remis tous les 2 ans par l´université de Leuphana à Lüneburg. Wilm Hosenfeld officier de l´armée allemande (Wehrmacht) avait fait la connaissance de Wladislaw Szpilman en 1944 dans le ghetto de Varsovie. Il a sauvé le musicien et compositeur de la déportation dans le camp de la mort de Treblinka et lui a par la sauvé la vie. Le réalisateur français Roman Polanski a réalisé un film à partir de cette histoire authentique « Le Pianiste ». C´est également un thème de notre exposition. Le prix est très concrètement une marque de grande reconnaissance pour les années de travail de recherche effectuée par nos commissaires Monica Kingreen, Petra Bonavita et Heike Drummer.

J´adresse tous mes remerciement au groupe de travail du Musée Juif et de l´institut Fritz Bauer à Francfort, au créateur Karl-Heinz Best, à Ernst Knöß et son épouse Isabelle Girardin, à Magda Hollander-Lafon, à Bertrand Bernicot, ainsi qu´a tous les élèves et les professeurs qui ont participés au projet. Je souhaite que l´exposition à Rennes ait beaucoup de succès et toute l´attention qu´elle mérite.

Prof. Dr. Raphael Gross

Directeur du Musée Juif à Francfort-sur-le-Main

Mai 032015
 

IMGP6504Atelier de Rennes :

Pour Marie-Christine :

Comme c’est difficile d’écrire sur les petits riens, les petits bonheurs, tant je me sens nantie, épargnée, protégée ; la guerre, je n’ai pas connu et poutant les petits riens j’en palpe chaque jour : un rayon lumineux traversant la pièce où je suis ou l’émerveillement de mon petit fils Léo qui découvre un escargot, il sautille, se fait même peur dès que cette petite bête sort ses cornes, il peut rester là à regarder attendre sans se soucier que nous avons continué notre chemin. En pensant à mes petits enfants, les petits riens ou presque rien plein de bonheur reviennent à flot, un mot, un exploit, tenir pour la première fois sur son vélo sans petites roues « c’est le plus beau jour de ma  vie » dit-elle, Calie le jour de ses 5 ans. Tenir un enfant par la main et regarder, marcher être là avec lui, rêver, ne rien attendre.

Atelier de Saint-Senoux :

Pour Jean-Pierre :

  • Prendre du temps, le partager, se laisser inspirer -de concert- en atelier d’écriture.
  • Laisser des mélodies improvisées me traverser et remplir la voiture qui me conduit, solitaire, à mon RDV.
  • Un carré de chocolat naturel 80% de cacao… ah, il ne m’en reste déjà presque plus le souvenir, alors encore un autre !
  • Fermer les yeux, promener mon attention en ressentis.
  • Prendre le temps de partager du temps avec chacun de mes vieux parents.
  • Inspirer – pirer – Expirer !
  • Sourire, complice, avec d’autres.
  • Chanter en chœur.
  • Participer à des actions collectives.
  • Découvrir des trésors de traditions populaires.
  • Me laisser émerveiller d’entendre exprimer, autrement qu’à ma façon, un conte connu, dit par quelqu’un d’autre.

Pour Anne :

– sortir de la maison et entrer dans la forêt jusqu’au grand chêne et là m’asseoir et regarder la lumière
– pousser un soupir
– regarder les sourires de nos filles, leurs yeux, leurs mouvements
– sentir un parfum doux et sensuel
– m’installer dans un fauteuil et lire, peinarde
– rester sous ma couette même si le réveil a déjà sonné
– mettre l’eau de la douche bien chaude et refaire le monde
– savoir que dehors il fait froid, mettre bonnets gants et écharpes et bien emmitouflée aller marcher gaillardement.

Mai 032015
 

Programme des journées P’tits Bonheurs

A 10 h le matin les jeunes de l’EREA qui ont fabriqué les arbres sont attendus pour l’installation. Yoga pour Tous et les bénévoles de l’association les aideront.

Les personnes de L’Olivier viendront présenter des broches qu’ils ont confectionnées et proposer des animations (danse, vélos) en début d’après-midi lundi et mardi.

Jean-Pierre Mathias et ses élèves diront contes et merveilles, histoires petites ou grandes, tout au long de ces trois jours, de 11 h à 20 h.

Edwige Moisan et ses élèves feront découvrir les bienfaits de la Biodanza avec des « calins bonheurs » lundi midi, mardi et mercredi de 12 h à 14 h.

Les élèves d’ULIS de Saint-Vincent de Rennes arriveront le lundi à partir de 14h.

Geneviève Pichevin et son amie clown viendront nous amuser et nous faire retomber en enfance à partir de 11 h mardi et mercredi.

La compagnie du Lysandore nous offrira un spectacle de rue mardi et mercredi dans l’après-midi.

Catherine et Jean-François Graugnard, boulangers bio, viendront cuire du pain et le partager, avec Magda et les jeunes, mardi. Deux fournées : à 15 h et à 15 h 45

Les élèves des écoles Marie Pape-Carpantier et Sainte-Geneviève de Rennes, et Jeanne d’Arc de Vitré arriveront à partir de 13 h mardi.

Magda Hollander-Lafon parlera devant  eux de la symbolique du pain à 14 h 30, ils partageront ensuite les pains cuits sur place. Une 2e fournée sera prête vers 16h.

Les jeunes du Centre de loisirs rennais de Jean Moulin arriveront le mercredi à 14h.

Fatoumata Warou (l’arbre à palabres) et Isabelle Ganon (Energie Relationnelle) viendront nous aider à accueillir les visiteurs, à parler de médiation et du bonheur avec eux.

Fatoumata viendra lundi à 11 h et mercredi à 15 h.

Léna Rongione enchantera nos oreilles de sa voix de fée lundi entre 19 h à 20 h 45.

Christine Debray-Laizé et son groupe Adamh donneront une note irlandaise à la soirée mardi entre 19 h à 20 h 45

Alicia Ducout, harpiste et chanteuse, et Meriem et Mandragore, danseuses (danse tribal fusion) nous aideront à clore l’événement en beauté, mercredi entre 19 h et 20 h 45.

Les chanteurs et musiciens s’arrêteront à quelques reprises pour « laisser la Place » aux conteurs de merveille.

Des marques page et des petits carnets de petits bonheurs seront proposés au public (« libre participation »), des tampons « tu es mon petit bonheur » seront donnés.

Les bénévoles aideront chacun à écrire son petit bonheur sur les cartons qui seront ensuite accrochés sur les arbres.

Il y aura la possibilité d’écrire des petits bonheurs sur une toile du peintre Gédéon.

Les jeunes de la section audiovisuelle de Bréquigny filmeront nos journées des P’tits Bonheurs.

Nous nous rassemblerons autour d’un pot de l’amitié avec les jeunes de l’EREA le mercredi à 14h.

Tous les soirs les jeunes de l’EREA viendront ranger les arbres avec les membres de VEPE, aux environs de 20 h.

La forêt sera désinstallée par les jeunes de l’EREA et VEPE et toutes les bonnes volontés jeudi 7 mai le matin.